(Ghosts I-IV : quatre parties de neuf titres chacune. De courtes pièces instrumentales qui mènent NIN sur de nouvelles voies expérimentales. De courtes pièces rêveuses sans nom accompagnées de photographies qui en donnent le ton et définissent pour chacune l'ambiance du morceau. Téléchargeable sous forme électroniques gratuitement ou pour 5 $, sous forme de CD ou dans un coffret Delux. En MP3 ou en FLAC. Cet album est sous licence Creative Commons Noncommercial Share Alike. Vous pouvez le diffuser ou le modifier librement et légalement, tant que vous citez les auteurs et n'en faites pas usage commercial. Soutenez-le; Soutenez les fantômes, Soutenez NIN.) Concentré durant une dizaine de semaines sur la production d'un album expérimental basé sur l'exploration de motifs librement improvisés, Reznor nous livre un quadruple album entièrement instrumental, composé de courtes pièces intenses et inventives, explorant aussi bien les territoires musicaux des instruments traditionnels que ceux de l'électronique la plus pointue. A soundtrack for daydreams explique Reznor. Les chevaliers du Moyen-Âge savaient se laisser aller à un demi-sommeil attentif et réparateur alors même qu'ils chevauchaient ; l'exercice de repos et de concentration se nommait la dorveille. Peut-être est-ce à ce genre d'état de conscience ni endormi ni éveillé, cet état de conscience situé entre chien et loup, aux portes du rêves et de la veille, cet état mixte et supérieur que veut nous convier GHOST I-IV. […]
Radiohead ne sont désormais plus les seuls à proposer leur musique en libre téléchargement. Là où les Anglais se sont offerts une magistrale publicité, imméritée au regard de la misérable dizaine de MP3 livrée telle quelle, sans un quelconque artwork ni aucune des paroles, certains offrent leur musique dans un flacon pensée et exigeant, au contenu bien plus ennivrant. Saul Williams propose ainsi son dernier opus ou gratuitement ou pour la somme ridicule de 5 $, en format MP3 ou en FLAC, acompagné des lyrics sous forme d'un fichier PDF particulièrement soigné à base de peintures tribales à l'aspect très art brut et organique collant magnifiquement aux rythmes tout à la fois industriels et tribaux qui caractérisent l'album. Un album qui prouve que le rap ne compte pas uniquement des analphabètes qui se prennent pour des poètes parce qu'ils savent faire rimer quelques dizaines de mots sur fond de revendications sociales. Un Saul Williams, slameur émérite, capable d'écrire de véritables textes, diplômé en philosophie et nanti, chose des plus rares ces derniers temps, d'un cerveau opérationnel, a presque pu me réconcilier avec un genre que j'éxècre en raison de ses pitoyables représentants français bouffis de haine qui ne valent guère mieux que les criminels endurcis aux sinus tapissés de certaine poudre blanche qui constituent une partie des troupes américaines. Loin de cette fraction imbécile de rappeurs qui érigent en idole la violence, le sexe et le fric, mais tout aussi […]
LES AVEUX D'AUGUSTIN. A l'inverse d'un Assouline qui crédite le livre de la capacité de nous choquer (sic) sous prétexte (et c'est bien de cela dont il s'agit : un pré-texte, un a priori donc) que le titre en est changé, la nouvelle traduction des Confessions de St Augustin, étrangement intitulée les Aveux (F. Boyer, POL), ne me paraît pas devoir être encensée ou vilipendée rien qu'au regard de son son parti pris de traduction. En revanche, la justification de ce changement par le fait que ce nouveau titre dit mieux que confession « une invention de soi-même à travers les figures littéraires et religieuses de l’aveu » n'était pas pour me plaire, tant la phrase ne paraît énoncer qu'un incroyable lieu commun de la littérature contemporaine. Pourtant force est de constater qu'une nouvelle traduction s'imposait. Il m'a en effet toujours semblé lire un mauvais décalque du latin, s'efforçant, quitte à alourdir le texte et plomber le style, de rendre à tous prix les tournures rhétoriques savantes de l'évêque d'Hippone. Cette traduction trop fidèle semblait un palimpseste laissant sans cesse entrevoir un original déformé qui se coulait mal dans la langue de Bosset, - qui elle-même en pâtissait. Le tout m'évoquait à vrai dire ces dessin décalqués que font les élèves de CP en travaux manuels : l'original est bien là, mais gauchi, le trait est tremblé, parodiant plus que recopiant l'original. Le Moyen-Age, qui propulsa Augustin au rang qu'on lui connaît, avait ses grandeurs, mais […]